Scoliose : symptômes, causes et traitement kiné

Scoliose : comprendre la déviation de la colonne et agir au quotidien


GUIDE PRATIQUE, RECOMMANDATIONS ET CONSEILS DE NOS MASSEURS-KINÉSITHÉRAPEUTES

 

Citations de patients :

« On m’a diagnostiqué une scoliose »

« Mon dos n’est pas symétrique »

« J’ai mal au dos »

« Je vois que je suis penché/tordu »

« Est-ce que vous voyez que ça fait comme une bosse ? »

CET ARTICLE VOUS CONCERNE SI UNE SCOLIOSE A ÉTÉ DIAGNOSTIQUÉE, C’EST A DIRE :

  • Une déviation de la colonne vertébrale
  • Avec ou sans douleurs
  • Avec ou sans pertes de mobilités
  • Avec ou sans cause déterminée
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Qu’est-ce qu’une scoliose ? Définition et types

La scoliose est décrite comme une déviation permanente de la colonne vertébrale, qui modifie la forme du tronc. 

La scoliose peut apparaître au niveau des vertèbres lombaires (les plus basses), thoraciques (au niveau des côtes) ou les deux (scoliose thoraco-lombaire ou dorso-lombaire); plus rarement au niveau cervical (cou).

Il existe 3 grandes familles de scolioses

Schéma de la scoliose idiopathique de l'enfance

Les scolioses dites “idiopathiques” de l’enfance

Scoliose dont la cause n’est pas établie. Diagnostiquée dans l’enfance ou l’adolescence. La période de la croissance est une période clé pour le traitement.

Schéma de la scoliose idiopathique de l'adulte

Les scolioses dites “idiopathiques” de l’adulte

Scoliose dont la cause n’est pas établie. Découverte à l’âge adulte. Le plus souvent lombaire. Le plus souvent d’évolution lente.

Schéma de la scoliose secondaire

 Les scolioses secondaires

scoliose dont la cause est identifiée et souvent connue (particularité osseuse de naissance, jambe plus longue, maladies vertébrales, cicatrices adhérentes…).

Quelques caractéristiques de la scoliose

La scoliose peut s’inscrire en 3 dimensions

c’est à dire qu’elle s’incline (vers la droite ou gauche), que les vertèbres tournent sur elles-mêmes (comme un escalier en colimaçon), elle s’infléchit (vers l’avant ou l’arrière).

La scoliose peut être symptomatique (accompagnée de douleurs) ou asymptomatique (sans douleur).

La plupart du temps, il n’y a pas plus de douleur chez les personnes présentant une scoliose.

La scoliose est un changement permanent de forme du squelette

ce n’est pas une position ou une posture.

Pour aller plus loin...

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Exercices pour soulager et accompagner une scoliose

Ressenti pendant l’exercice choisi

  • Mieux

    Je continue cet exercice.

  • Pareil

    Je recommence une ou deux fois pour “donner une chance à l’exercice”.

  • Pire

    J’essaye autre chose, et/ou je change de position.

  • Mieux

    Je continue ce nouvel exercice.

  • Pareil

    Je change d’exercice, et/ou je change de position.

  • Pire

    Je change d’exercice, et/ou je change de position.

  • Mieux

    Je continue ce nouvel exercice.

  • Pareil

    Je recommence une ou deux fois pour “donner une chance à l’exercice”.

  • Pire

    Je change d’exercice, et/ou je change de position.

 

Si tout ce que vous essayez n’améliore ni la douleur ni vos sensations de « blocage », consultez un professionnel de santé.

Contre-indications

  • Si les conseils ci-dessous déclenchent une douleur qui diffuse dans une jambe, nous vous conseillons d’interrompre les exercices et d’aller consulter un professionnel de santé.
  • Si après avoir suivi nos conseils, la douleur persiste voire augmente, allez consulter un professionnel de santé.

Précautions

Si les conseils ci-dessous n’améliorent pas vos douleurs ou si les douleurs reviennent rapidement ou plus fort, consultez un Masseur-Kinésithérapeute qui sera en mesure de vous proposer un bilan et de vous aider à aller mieux.

A Vous n’avez ni gêne ni douleur

Un diagnostic de scoliose a été posé, vous n’avez pour l’instant pas de  gêne, pas de douleur :

  • Chaque cas est unique, l’évolution de la scoliose dépend de plusieurs facteurs : Une évaluation approfondie est nécessaire (imagerie, bilan kinésithérapique, avis d’un médecin orthopédiste)
  • Un suivi médical et kinésithérapique pourrait s’avérer nécessaire pour freiner ou arrêter l’évolution de la scoliose.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de lire les chapitres “Comment peut évoluer la Scoliose”

B Vous éprouvez une gêne esthétique

Vous avez une gêne esthétique, liée à la déviation de la colonne ou la forme de votre thorax, cette préoccupation est légitime et fréquente.

Pour savoir quoi faire,  nous vous conseillons de lire le chapitre “Comment peut évoluer la Scoliose”

C Vous ressentez une douleur au mouvement

La douleur survient lors d’un mouvement ou d’une posture en particulier. 

Il y a des choses à essayer par vous-même ! Nous vous proposons dans un premier temps la stratégie du “contre-mouvement” 

  • Essayer de bouger plusieurs fois à l’opposé du mouvement douloureux 
  • Puis réessayer le mouvement douloureux pour évaluer la progression

Les mouvements pouvant déclencher des douleurs

  • Si vous avez mal lorsque vous vous penchez en avant ou lorsque vous avez le dos arrondi (par exemple : ramasser un objet au sol, position assise dos rond). Le contre-mouvement consiste à essayer de se pencher en arrière 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous.
  • Si vous avez mal lorsque vous vous penchez en arrière ou lorsque vous avez le dos creusé (par exemple : lire à plat ventre, attraper un objet en hauteur). Le contre-mouvement consiste à essayer de se pencher en avant 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous.
  • Si vous avez mal lorsque vous penchez le buste sur le côté (par exemple : attraper un sac posé à côté de votre chaise). Le contre-mouvement consiste à essayer de se pencher en avant 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous.
  • Si vous avez mal lorsque vous tournez le buste d’un côté (par exemple : en attrapant un objet derrière vous). Le contre-mouvement consiste à essayer de se pencher en avant 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous.
  • Se pencher en arrière / creuser le dos déclenche une douleur dans le dos : Essayer de se pencher en avant 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous. Puis réessayer de se pencher en arrière pour évaluer la progression
  • Se pencher en avant / dos arrondi déclenche une douleur dans le dos : Essayer de se pencher en arrière 5 à 10 fois, doucement, en respirant, dans la position la plus facile pour vous. Puis réessayer de se pencher en avant  pour évaluer la progression.
  • Pencher le buste d’un côté déclenche une douleur dans le dos : Essayer de pencher le buste de l’autre côté entre 5 et 10 fois, doucement, en respirant  ou tirer les bras vers le plafond à droite puis à gauche, comme pour monter à une petite échelle. Puis réessayer de pencher le buste du premier côté pour évaluer l’amélioration.
  • Tourner le buste d’un côté déclenche une douleur dans le dos : Essayer de tourner le buste de l’autre côté entre 5 et 10 fois, doucement, en respirant. Puis réessayer de tourner le buste du premier côté pour évaluer l’amélioration.

D Vous ressentez des douleurs dans l’immobilité

Créer une “routine” d’exercices qui dure 5 à 10 minutes, en choisissant plusieurs mouvements : dans la ou les positions de départ qui sont les plus faciles pour vous. Cette routine de plusieurs exercices peut être effectuée au moins une fois par jour : chaque exercice peut aussi être effectué, seul, dès que vous trouvez cela utile.

Routine en position allongée

  • Enrouler/ Dérouler la colonne, en contractant pour creuser le bas du dos lorsque les fesses sont levées.
  • Attraper une jambe après l’autre pour les amener vers la poitrine et arrondir le bas du dos.
  • Incliner le bassin à droite et à gauche en glissant un pied puis l’autre au sol, genoux tendus.
  • Incliner les épaules à droite et à gauche en glissant un bras puis l’autre au sol, au-dessus de la tête.
Voir plus d'exercices

Autres exercices

  • Enrouler/ Dérouler la colonne, en contractant pour creuser le bas du dos lorsque les fesses sont levées.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Attraper une jambe après l’autre pour les amener vers la poitrine et arrondir le bas du dos.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Position allongée sur un lit : Incliner le bassin à droite et à gauche en glissant un pied puis l’autre au sol, genoux tendus.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Incliner les épaules à droite et à gauche en glissant un bras puis l’autre au sol, au-dessus de la tête.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.

Routine en position debout

  • Enrouler doucement le dos vers l’avant en amenant les mains vers le sol ( sans forcer, en soufflant), puis remonter doucement jusqu’à pousser le bassin en avant pour creuser doucement le dos vers l’arrière (sans forcer, en inspirant).
  • Descendre la hanche en pliant le genou d’un côté puis de l’autre. Monter la hanche en décollant le talon d’un côté puis de l’autre.
  • Tirer les bras vers le plafond à droite puis à gauche, comme pour monter à une petite échelle.
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Autres exercices

  • Enrouler doucement le dos vers l’avant en amenant les mains vers le sol ( sans forcer, en soufflant), puis remonter doucement jusqu’à pousser le bassin en avant pour creuser doucement le dos vers l’arrière (sans forcer, en inspirant). 
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Descendre la hanche en pliant le genou d’un côté puis de l’autre.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Monter la hanche en décollant le talon d’un côté puis de l’autre.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Tirer les bras vers le plafond à droite puis à gauche, comme pour monter à une petite échelle.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.

Routine en position assise

  • Assis à cheval sur une chaise, saisir le dossier et alterner dos rond/dos creux puis déplacer le buste comme un tiroir à droite et à gauche.
  • Assis avec le dossier dans le dos : Tirer les bras vers le plafond, comme pour monter à une petite échelle.
  • Tourner le buste à droite et à gauche.
  • Déplacer le buste comme un tiroir à droite et à gauche.
Voir plus d'exercices

Autres exercices

  • Assis à cheval sur une chaise, saisir le dossier et alterner dos rond/dos creux.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Déplacer le buste comme un tiroir à droite et à gauche.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Tirer les bras vers le plafond , comme pour monter à une petite échelle.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Tourner le buste à droite et à gauche.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Déplacer le buste comme un tiroir à droite et à gauche.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.

Routine à 4 pattes

  • Alterner dos rond/dos creux, se pencher de droite à gauche (regarder votre fesse droite puis votre fesse gauche).
  • Puis tourner le buste en pliant un coude (l’autre reste tendu) puis tendre les 2 et plier l’autre.
  • Tourner le bassin en laissant vos pieds au sol et tendre un genou revenir puis tendre l’autre.
  • Puis, déplacer vos mains au sol de droite à gauche et revenir à la position initiale puis les genoux de droite à gauche et revenir à la position initiale.
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Autres exercices

  • Alterner dos rond/dos creux
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Se pencher de droite à gauche (regarder votre fesse droite puis votre fesse gauche)
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Tourner le buste en pliant un coude (l’autre reste tendu) puis tendre les 2 et plier l’autre.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Tourner le bassin en laissant vos pieds au sol et tendre un genou revenir puis tendre l’autre.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Déplacer vos mains au sol de droite à gauche et revenir à la position initiale.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.
  • Déplacer  les genoux de droite à gauche et revenir à la position initiale.
  • Faire 3 répétitions de chaque mouvement avant de passer au suivant.

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Scoliose et douleur : pourquoi souffrez-vous ?

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, difficile à mesurer et à décrire. Elle est produite par le cerveau qui interprète des informations envoyées par le corps. La douleur n’est pas toujours liée à une blessure ou à une lésion des tissus (muscles, os, tendons…).

La douleur est comme un signal qui peut apparaître :

  • lorsque les tissus sont abîmés (dans le cas d’une scoliose importante : déformations sévères, muscles très contracturés…)
  • AVANT que les tissus ne soient abîmés – “Votre cerveau vous dit qu’il pense qu’il y a danger” (Paul Ingraham) – par exemple lors d’une surcharge momentanée des structures due à une colonne trop sollicitée ou pas assez mobilisée, trop tendue ou pas assez entraînée. Cela peut arriver, avec ou sans scoliose.

Le risque de douleurs dues à la scoliose augmente lorsque l’évolution de la scoliose est importante (mais elle peut aussi rester indolore). 

Les douleurs peuvent aussi être présentes lorsque l’évolution est débutante ou modérée, mais elles ne sont pas forcément dues à la scoliose directement.

Si l’on regarde les statistiques et les études scientifiques :

  • La plupart du temps, la fréquence d’apparition des douleurs chez les personnes présentant une scoliose minime ou modérée est équivalente à ce qu’on retrouve dans la population générale.

Les douleurs de dos présentes et associées à une scoliose sont le plus souvent à prendre en compte comme des douleurs de dos communes. Elles peuvent être gênantes mais sont souvent sans gravité et bien améliorées par la pratique d’exercices spécifiques ou d’un sport régulier.

  • Chez l’adolescente, un suivi médical et kinésithérapique est nécessaire, même en absence de périodes douloureuses, pour traiter au long cours la scoliose, freiner ou stabiliser son évolution. Cela permet aussi d’éviter d’éventuelles futures complications.
  • Chez l’adulte, les douleurs peuvent être associées à d’autres problématiques, des situations et des habitudes plus anciennes. La gestion des douleurs et la prévention des récidives passent là aussi par un bilan, un suivi et l’élaboration d’un traitement au long cours.
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Évolution d’une scoliose : quels risques d’aggravation ?

Qu’elle soit idiopathique ou secondaire, la scoliose peut évoluer dans sa forme et dans ses conséquences.

La déviation peut se stabiliser :

  • De manière spontanée : on observe parfois des scolioses qui se stabilisent toutes seules. La déviation reste présente mais n’évolue plus. Il s’agira alors simplement de contrôler régulièrement que la stabilisation est bien permanente.
  • Ou par une action déterminée. Lorsqu’une scoliose est diagnostiquée, il est le plus souvent nécessaire d’agir, pour contrôler l’évolution, stabiliser voire diminuer l’importance de la déviation, et éviter les conséquences d’une aggravation : Mouvements spécifiques, rééducation, sport, éventuellement port d’un corset.

Adolescents, enfants : vous êtes en pleine croissance, c’est le moment où le squelette grandit et change, donc le moment de mettre toutes les chances de votre côté.

Adultes :  Vous avez fini de grandir.  La croissance étant terminée, la modification de la forme du squelette et des tendons est beaucoup plus lente, mais toujours à l’œuvre. Les principes d’action sont donc les mêmes, et les exercices généraux trouvés ici permettent souvent de libérer le mouvement, diminuer d’éventuelles douleurs et améliorer la posture.

Quels sont les facteurs de risque d’aggravation de la scoliose ?

L’immaturité squelettique

La surveillance est plus attentive pendant les “poussées de croissance”. Plus on approche de la fin de sa croissance, plus la colonne vertébrale se stabilise d’elle-même. Une fois la croissance terminée, la scoliose a tendance à “se stabiliser”.

L’importance de la courbure initiale

Si la courbure est très légère au moment de la découverte, elle a de fortes chances de rester stable avec un simple suivi. Si la courbure est plus grande, elle méritera un suivi médical spécifique.

Le type de pathologie sous-jacente (pour les scolioses secondaires)

Dans le cas des scolioses secondaires, le risque d’aggravation dépend énormément de la maladie associée.

Mais “chronique” ne signifie pas pour toujours !

Pour influer durablement sur la forme de la déviation, il faudra beaucoup de patience, de persévérance et de motivation.

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Scoliose : pourquoi le mouvement est le meilleur traitement

Ce que l’on sait

  • Notre corps se renouvelle en permanence. Nos cellules, nos muscles, nos os et nos articulations s’adaptent aux contraintes que nous leur imposons.
    Par exemple : Si vous faites régulièrement travailler un muscle avec une charge, il va progressivement se renforcer pour s’adapter à cet effort.Il en va de même pour :
    – les articulations, elles restent souples lorsqu’elles sont utilisées régulièrement.
    – les os : ils deviennent plus solides quand ils supportent du poids et des efforts.
    – les muscles profonds du dos : ils se renforcent quand on les utilise.

    Autrement dit : le mouvement influence la manière dont le corps se reconstruit.

 

  • Dans le cas de la scoliose, la déviation de la colonne peut entraîner des gênes, principalement liées à une diminution des capacités de mouvement ou à des difficultés de positionnement. Les traitements actuels ont donc un objectif prioritaire : préserver et améliorer la mobilité, afin d’agir positivement sur la posture et le confort au quotidien.
    Selon le stade d’évolution de la scoliose, plusieurs options peuvent être proposées : activité physique et sport, accompagnement kinésithérapique (exercices spécifiques), le port d’un corset et dans certains cas très spécifiques la chirurgie.

 

  • Quel que soit le stade, les études scientifiques récentes montrent que la pratique régulière d’un sport ou d’une activité physique est l’un des moyens les plus efficaces pour :
    – ralentir l’aggravation,
    – conserver la mobilité,
    – prévenir les douleurs,
    – améliorer la qualité de vie.

En conclusion

  • La forme et la force de nos muscles dépendent de l’effort fourni.
    La densité osseuse dépend des contraintes mécaniques.
    La souplesse articulaire varie selon l’usage.

Notre patrimoine génétique donne une structure de départ, mais l’utilisation que nous faisons de notre corps peut : l’entretenir, l’améliorer ou au contraire la dégrader.

  • Il ne s’agit pas simplement de « corriger » une scoliose, mais d’apprendre à entretenir son dos plutôt que de l’user.

Recommandations de la Haute Autorité de Santé

Les recommandations médicales actuelles distinguent plusieurs situations :

  • Scolioses débutantes ou peu importantes : La kinésithérapie active est le traitement de première intention. Elle vise à contrôler l’évolution de la courbure grâce à : des exercices spécifiques, des étirements et du renforcement musculaire.
    C’est vous qui réalisez les exercices, accompagné(e) par votre kinésithérapeute.
    La kinésithérapie est également indiquée en cas de douleurs de dos.
  • Scolioses modérées : La kinésithérapie reste essentielle.
    Elle peut être associée, dans certains cas, au port d’un corset orthopédique.
  • Scolioses importantes : Le port d’un corset est souvent indiqué.

Dans certaines situations, une chirurgie peut être proposée. Même dans ces cas, la kinésithérapie reste indispensable pour préserver et améliorer la mobilité.

La vision ancienne d’un traitement uniquement « statique » par corset n’est plus d’actualité : le mouvement reste central.

Le message essentiel est simple : le mouvement n’est pas un complément du traitement, il en est le cœur.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS),

Le corset est généralement proposé lorsque la déformation est jugée évolutive.  Le traitement orthopédique a pour but de s’opposer à l’aggravation de la courbure pendant la période de croissance restante […] Il ne dispense pas d’une surveillance clinique et radiologique régulière jusqu’à la maturité osseuse.”

Scoliose et corset

Le corset orthopédique est une des stratégies reconnues pour prendre en charge une scoliose évolutive, notamment chez l’enfant et l’adolescent. Son objectif principal est de limiter l’aggravation de la courbure pendant la croissance osseuse et d’augmenter les chances d’une évolution favorable jusqu’à la fin de la croissance.
Sa fabrication est sur mesure, en fonction de la morphologie et du type de courbure, pour être le plus confortable et efficace possible.

Les recommandations de la SOSORT (Society on Scoliosis Orthopaedic and Rehabilitation Treatment – Société internationale axée sur les traitements non chirurgicaux de la scoliose), qui sont des standards internationaux de prise en charge, précisent :

  • le corset est recommandé pour les scolioses idiopathiques évolutives, afin de ralentir ou prévenir la progression.
  • Il doit être prescrit, adapté et suivi par une équipe spécialisée (médecin expert, orthoprothésiste, kinésithérapeute).
  • La durée quotidienne de port est importante : le corset est généralement porté au moins 18 heures par jour au début du traitement, parfois seulement la nuit. Cela jusqu’à la fin de la croissance osseuse, avec un réajustement progressif du temps de port en fonction de l’évolution.
  • Le traitement doit être complété par des exercices et une rééducation spécifiques, ainsi que par une surveillance régulière pour vérifier l’efficacité du corset.
  • Le corset doit être adapté au type de courbure et respecter la respiration et le confort du patient afin de favoriser l’observance.
  • Enfin, même avec un corset, il est essentiel de rester actif et de continuer des activités physiques adaptées pour entretenir la mobilité, la force musculaire et le bien-être général.

Scoliose et chirurgie

La chirurgie de la scoliose est une option thérapeutique qui n’est recommandée que dans des situations bien définies, lorsque les traitements non-chirurgicaux ne sont pas suffisants pour contrôler l’évolution de la déformation ou lorsqu’il existe des complications importantes. Dans la grande majorité des cas, on privilégie d’abord les approches conservatrices (surveillance, kinésithérapie, corset, activité physique) avant de penser à une intervention chirurgicale ; la chirurgie reste rare et réservée à une minorité de patients.

En pratique, cette décision repose sur plusieurs éléments : l’ampleur de la courbure, la capacité du corset à limiter cette progression, l’existence de gêne fonctionnelle importante (douleurs sévères, troubles respiratoires), la vitesse d’aggravation estimée par la surveillance radiographique.

La Haute Autorité de Santé (HAS) insiste également sur le fait que la chirurgie doit être décidée au cas par cas par une équipe spécialisée.

En résumé, la chirurgie n’est envisagée qu’après une évaluation complète et lorsque les bénéfices attendus (limitation de l’évolution, réduction de la déformation, amélioration des symptômes) sont jugés supérieurs aux risques potentiels. Elle fait partie d’un parcours de soins global, qui inclut toujours une approche dynamique et personnalisée pour chaque patient.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS),

La chirurgie de la scoliose est une décision majeure qui repose sur une balance bénéfice-risque évaluée par une équipe pluridisciplinaire. Elle vise à stopper une évolution inéluctable et à restaurer l’équilibre du patient.”

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Comment fonctionne la colonne vertébrale ?

Ce que l’on sait

La scoliose concerne les étages moyens et bas de la colonne vertébrale : la colonne dorsale (celle qui porte la cage thoracique) et la colonne lombaire plus basse.

La colonne dorsale

La colonne dorsale est composée de 12 vertèbres, situées entre les vertèbres cervicales et les vertèbres lombaires.

Si l’on regarde cette colonne de profil, comme sur le schéma ci-dessus, elle est naturellement cyphosée c’est-à-dire “bossue” à l’étage dorsal.

 

Si on regarde de plus près la morphologie et la spécificité de ces vertèbres dorsales :

 

  • Le corps vertébral (partie à l’avant de la moelle épinière) possède des surfaces articulaires permettant d’accueillir les côtes (articulations costales).
  • Les processus transverses (les ailes de chaque côté de la vertèbre) sont volumineux pour pouvoir aussi s’articuler avec les côtes, assurant ainsi une liaison solide.
  • le disque intervertébral (partie située entre les 2 corps vertébraux) est moins épais qu’aux étages lombaires. Ce disque participe à la mobilité des corps vertébraux entre eux, il est d’autant plus épais que la zone est mobile.

 

Ces spécificités structurelles permettent à la colonne dorsale de 

  • bouger dans plusieurs directions: Flexion/extension (dos rond, dos creux), inclinaisons (1 épaule monte, l’autre descend), rotations (les épaules tournent) et translation (les épaules se déplacent sur le côté en restant parallèle au sol). 
  • et d’assurer la stabilité de la cage thoracique et donc la protection des organes vitaux qu’elle contient.

La colonne lombaire

La colonne lombaire est composée de 5 vertèbres, situées entre les vertèbres dorsales et le sacrum. Le sacrum étant l’os postérieur du bassin. Pour mieux comprendre comment fonctionne la partie lombaire de la colonne vertébrale, il est intéressant de voir comment la colonne vertébrale est structurée.

Si l’on regarde cette colonne de profil, comme sur le schéma ci-dessus (et tel qu’on peut le voir sur les radios), elle est naturellement lordosée c’est à dire “cambrée”, “creusée”.

 

Si on regarde de plus près la morphologie de ces vertèbres lombaires:
le corps vertébral (partie à l’avant de la moelle épinière) est massif d’autant plus que les vertèbres sont près du bassin. Ce corps vertébral permet de “porter” les vertèbres situées au dessus.
le disque intervertébral (partie située entre les 2 corps vertébraux) est épais. Ce disque participe à la mobilité des corps vertébraux entre eux, il est d’autant plus épais que la zone est mobile.
Ces spécificités structurelles permettent à la colonne lombaire de bouger dans plusieurs directions: Flexion/extension (dos rond, dos creux), inclinaisons (bassin monte d’un côté ou descend), rotations (le bassin tourne) et translation (bassin se déplace sur le côté en restant parallèle au sol).

Pour aller plus loin...
Vidéo 3D d'une vertèbre

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Scoliose : quand consulter un médecin ou un kiné ?

Si vous avez lu le reste de l’article, vous avez normalement déjà la réponse !

  • Pour un dépistage

Durant la période de l’enfance ou l’adolescence, au moment de la croissance. Certains signes peuvent toutefois attirer l’attention : une épaule plus haute que l’autre, une omoplate qui ressort davantage, une taille asymétrique ou une impression que le dos n’est pas droit.
– Plus tardivement, à l’âge adulte, si vous ressentez des douleurs persistantes ou une gêne dans certaines positions qui limitent certaines activités du quotidien, une consultation peut être utile.
Si vous avez un doute, il peut être utile de consulter un professionnel de santé. Un examen simple du dos permet souvent de vérifier rapidement s’il existe une suspicion de scoliose et s’il est nécessaire de poursuivre les examens.

  • Pour une scoliose déjà diagnostiquée

Si certains symptômes tels que des douleurs, des gênes dans certaines positions ont tendance à évoluer, un bilan permet de vérifier si la scoliose est stabilisée ou si elle évolue et d’adapter la prise en charge si besoin.
Durant la période de croissance, des bilans de suivis réguliers sont recommandés, même en l’absence de symptômes.

Silhouette illustrant la consultation d'un Kinésithérapeute

Si nos conseils n’ont pas été suffisants pour régler vos problèmes et/ou que vous ressentez les « symptômes » suivants, nous vous conseillons de consulter un professionnel de santé (Médecin, Masseurs Kinésithérapeute…) :

  • Votre dos vous fait mal ou la gêne persiste malgré les exercices proposés.
  • Vous avez remarqué une asymétrie de votre dos ( une épaule plus haute que l’autre, une omoplate qui ressort, une hanche plus haute que l’autre…).
  • Une scoliose déjà diagnostiquée dont les symptômes semblent s’aggraver.
Pour aller plus loin...
Scoliose : suivi médical

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Prévenir l’aggravation d’une scoliose : conseils pratiques

Lorsqu’une scoliose est diagnostiquée, la question la plus fréquente est souvent : peut-elle s’aggraver ?

L’évolution d’une scoliose est très variable selon les personnes. Elle dépend notamment de l’âge, de la croissance et de l’importance de la courbure. Dans beaucoup de cas, la scoliose reste stable ou évolue peu.

L’objectif de la prise en charge est donc avant tout de surveiller son évolution, de maintenir un dos mobile et confortable, et si possible de limiter l’évolution de la déviation.

Un suivi régulier pour surveiller l’évolution : Le suivi repose généralement sur un examen clinique régulier, parfois complété par une radiographie de face afin de mesurer précisément l’évolution de la courbure.

  • Chez l’adolescent en période de croissance, les contrôles sont souvent réalisés environ tous les 6 mois, car c’est durant cette période que la scoliose peut évoluer le plus rapidement.
  • Chez l’adulte, lorsque la croissance est terminée, les contrôles sont généralement plus espacés, car l’évolution est souvent plus lente.
  • Les exercices : une première étape. Dans un premier temps, les exercices que nous vous proposons peuvent vous aider à bouger plus facilement, assouplir et renforcer votre dos, améliorer votre confort. Ces exercices constituent une première approche simple pour prendre soin de votre dos au quotidien.
  • Une prise en charge personnalisée si nécessaire : Si la gêne persiste ou si l’on souhaite agir plus spécifiquement sur la scoliose, il peut être utile de consulter un kinésithérapeute. Selon les cas, cette prise en charge peut être associée à d’autres traitements, comme le port d’un corset, notamment pendant la croissance
  • Le sport plusieurs fois par semaine, complété par des exercices spécifiques quotidiens. Il s’agira de trouver des activités agréables, car il est nécessaire d’y passer du temps pour voir un changement !
  • Et le cartable dans tout ça ? Contrairement à une idée répandue, le poids du cartable n’est pas responsable de l’apparition d’une scoliose ni de son aggravation. Un cartable trop lourd peut provoquer des douleurs chez certains enfants, mais il n’est pas à l’origine de la déformation de la colonne.
Silhouette illustrant la prévention des complications

L’essentiel : comprendre et agir dans la durée

Dans tous les cas, la prévention d’éventuelles aggravations passe par évaluer et comprendre sa scoliose, surveiller son évolution et mettre en place des exercices et de l’activité physique réguliers.

L’objectif principal est avant tout de retrouver confort et mobilité.
L’hygiène de vie de la colonne concerne tous ceux qui ont une colonne vertébrale, mais encore plus ceux qui ont une scoliose !

Pour aller plus loin...
Traitement de la Scoliose

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Philosophie et approche

Nous sommes convaincus que votre meilleur thérapeute, c’est vous !

Nous pensons que toute personne a d’abord droit à l’information, afin de comprendre ce qui lui arrive.
Nous souhaitons aussi apporter des conseils, issus de notre expérience de kinésithérapeutes et des situations vécues avec nos patients, en accord avec les dernières recommandations scientifiques.

Nous proposons ici des exercices, des mouvements et des conseils généraux, à essayer par vous-même, à adapter en respectant le traitement mis en place par ailleurs, s’il y en a un.

Les exercices proposés ont une chance de vous aider si vous leur donnez une chance :
Pour être efficace, il s’agit souvent d’être persévérant. Essayer 1 seule fois est rarement suffisant. Les conseils que vous trouverez ici sont accompagnés d’explications importantes, car plus vous comprendrez, mieux vous pourrez agir.

Chaque personne présentant une scoliose est un cas particulier. 

Le traitement et le suivi de la scoliose se font au long cours.

Les conseils et informations ci-dessous sont une aide de première intention.

Certains conseils sont de véritables auto-traitements, mais ne remplacent pas une consultation chez un professionnel de santé. 

Si les symptômes persistent, nous vous conseillons vivement de consulter un professionnel de santé.

Comprendre, c'est bien.
Agir, c'est très bien !