ESPACE PRESSE

Pompage Electromécanique par le « Sohier Système » – Kinésithérapie Scientifique n°298

sohier
formation scientifique
articulaire et musculaire
Cette synthèse du film présenté aux premières Journées de thérapie analytique nous montre que ce système ingénieux reproduisant périodiquement une décompression dans l’axe de l’articulation selon le concept de R. Sohier a été largement et quotidiennement utilisé pendant treize ans. Associé à d’autres techniques, il est toujours indispensable.

Nous avons présenté aux Journées européennes de thérapie analytique de Saint Etienne un film destiné aux praticiens avertis et entraînés aux raisonnements et démarches thérapeutiques de R. Sohier, un de nos maîtres préférés depuis vingt ans.

Ce film met en scène à La Rochelle les quatre associés de notre cabinet de la clinique du Mail : Y. Chevrier, G. Borie, F. Picaut et A. Petit autour d’une machine : le « Sohier système » que R. Sohier nous demandait « d’inventer » en 1976 et qu’un industriel courageux, Claude Petit, imaginait dans son mécanisme et sa forme et qu’il fabriquait dans les ateliers de France Reval à La Rochelle.

Cet appareillage devait s’adresser aux arthroses, raideurs, rétractions et dysfonctionnements apophysaires postérieurs et se proposait d’améliorer la renutrition chondrocytaire par pompages lents, réguliers, alternés, rythmés et amortis des articulations. Nous reprenions ainsi les principes d’étirement décrits par R. Sohier. La commande de vanne de chauffage central de l’hôpital de La Hestre devenait un étonnant outil de dégagement des surfaces articulaires.

Le « Sohier système » était né et prenait la forme d’un moteur, entraînant un disque qui décrit un mouvement sinusoïdal d’une période de 24 secondes. Le membre ou segment de membre choisi est relié à l’appareil par un jeu de sangles, élingues et poulies sous une cage de pouliethérapie. Un ressort de type guthie-smith, inscrit dans le circuit, amortit l’étirement et limite le réflexe de contracture. Il s’allonge progressivement lors de la rotation de ce disque pendant 12 secondes, puis se relâche avec la même progressivité en provoquant une sollicitation tractante amortie selon l’axe et la direction que le praticien aura choisi.

Cet appareillage électromécanique largement testé à la clinique puis à l’école du dos de La Rochelle fût diversement apprécié par l’environnement médical. Il pouvait en effet ressembler à un appareil de traction mais, dans ce cas, tellement maniable et subtil ! L’enthousiasme était grand en salle de radio du service voisin en vérifiant sous contrôle télé, et malgré la grande douceur de l’étirement, les mobilisations radio-visibles du genou en tiroir, de la hanche selon le montage qui se dégageait dans l’axe du col pour les pénétrantes, et du fût diaphysaire pour les expulsives ; des articulaires postérieurs qui divergeaient et du mur postérieur des corps vertébraux qui se décomprimait.

Notre expérience après treize ans d’usage quotidien et quasi permanent des six « Sohier systémes » de notre cabinet méritait sûrement les 15 minutes de synthèse de ce film d’amateur dédié à un grand professionnel, R. Sohier, avec toute notre amitié et notre reconnaissance pour tant de succès et gain de temps qu’une si simple machine pouvait permettre. Remerciements également à France Reval qui continue de construire à la demande ce « Sohier système », malgré la régulière incompréhension de praticiens, mal informés parfois, et horrifiés devant une cage de pouliethérapie. La préhistoire en quelque sorte pour bien des ostéopathes talentueux.

Et pourtant, pour nous quatre et après tant d’autres apprentissages de toutes sortes de chirothérapies, les « Sohier systèmes » tournent toujours chez nous. On éduque nos patients à cibler un mouvement actif simple sous dégagement passif, parfois très modeste d’un interligne articulaire, de façon régulière et répétitive, dans le bon sens décompressif et dans l’espoir de réimbibition cartilagineuse, de l’indolence ou d’un gain d’amplitude selon le cas particulier.

Nous montrons également qu’en pratique quotidienne, la chaleur, la massothérapie des muscles fibreux, contractés, contracturés, rétractés ainsi que les mobilisations de recentrage par exemple pendant l’étirement ou le temps de repos du « Sohier système » peuvent s’interrompre selon les caprices du téléphone par exemple, sans l’habituel sentiment d’abandon du patient entraîné aux sollicitations actives sous dégagement, apprises et comprises précédemment.

En conclusion et à l’occasion de ces Journées européennes de thérapie analytique en l’honneur de Raymond Sohier, nous pensions insinuer que notre usine à soins privés réussissait à doser la thérapie manuelle selon Sohier et la machine, sans complexes et avec le souci constant de rechercher l’essentiel sans se noyer dans l’immensité de l’inutile.